Alors que mes enfants et petits-enfants vivent à l’étroit dans un petit appartement, les parents de …

10 mars 2024

Ma fille, Aurélie, sest mariée il y a huit ans déjà, mais le sort ne nous a pas été favorable avec son mari et surtout avec les parents de celui-ci, les Lefebvre. Chez nous, à Paris, on a toujours fait passer les enfants avant tout, mais eux semblent ne rien donner de leur côté. Malgré tout ce temps, la situation reste tendue avec cette belle-famille distante.

Quand la question du logement sest posée, les Lefebvre se sont immédiatement désengagés : « Ce nest pas notre problème. » Jétais désemparé. Notre appartement à Montrouge était parfait pour nous : chaleureux, solide, avec une belle vue sur la ville. Pourtant, mon épouse et moi avons accepté à contrecœur de le vendre pour aider les enfants à acquérir leur propre nid. Nous avons tout fait : achat, rénovation, mobilier, sans jamais recevoir la moindre aide de la belle-famille.

Aujourdhui, jaide aussi avec mes petits-enfants. Ma fille est en congé maternité avec le petit Léo, pendant que la grande, Camille, rentre à lécole élémentaire. Ma fille ne peut vraiment pas tout gérer seule le matin : habiller les enfants, déposer la grande à lécole, tout ça avant 8h30 ! Alors, avec mon épouse, on se partage la tâche de conduire les enfants le matin à tour de rôle. Cest devenu notre routine.

Et les Lefebvre, comme toujours, nélèvent même pas le petit doigt. Ils font comme si tout cela ne les concernait pas, comme si le rôle de grands-parents leur était complètement étranger. Je ne comprends pas un tel désintérêt. Comment peut-on ignorer ainsi ses petits-enfants ?

Ça a commencé bien avant, en fait. Pour le mariage des enfants, les Lefebvre nont pas versé un seul centime. Javais proposé de nous voir tous ensemble pour organiser les choses, profiter dun dîner chaleureux, mais ils mont répondu sèchement : « Et sils divorcent dans trois mois ? Les statistiques sont terribles de nos jours, vous savez. »

Finalement, mon épouse et moi avons financé la réception et offert lappartement aux jeunes mariés. Les Lefebvre sont venus au mariage comme de parfaits étrangers, glissant un billet de 100 euros dans une enveloppe un affront, pour être honnête. Pourtant, mon gendre, Nicolas, nhésite jamais à nous demander de laide.

Lappartement, un F2 dans le 13ème, convenait à deux personnes. Mais maintenant, deux enfants plus tard, ils sont à létroit. Je répète souvent à Nicolas quil pourrait se montrer un peu plus proactif : « Si tu ne peux pas gagner davantage, pourquoi ne pas en parler à tes parents ? Un coup de pouce serait le bienvenu, non ? » Mais chaque fois, il refuse catégoriquement. « Je ne peux pas leur demander ça », marmonne-t-il presque honteux. Jai proposé daller aborder la question moi-même. Peine perdue. Il ma carrément interdit den discuter avec eux.

Sa position métonne. Il faudrait avoir honte de solliciter ses propres parents, mais pas de demander à ses beaux-parents ? Depuis huit ans, cest chez nous quils viennent chercher de laide. Pourquoi ne pas chercher lui-même ? Beaucoup arrivent bien à sen sortir, même à Paris ! Je lui conseille de trouver un second emploi, de saisir des opportunités, voire de tenter sa chance à létranger. Rien.

Ma fille me téléphone parfois, elle se plaint que je me mêle trop de leurs affaires. « Les beaux-parents ne changeront pas, papa. Ils sont comme ça, ils naideront jamais » Je suis abattu de voir ma fille accepter cette situation sans rien dire alors que les Lefebvre coulent une vie douce : ils partent en thalasso, profitent de la Côte dAzur, et personne ne leur rappelle leurs responsabilités. Pire encore, mon gendre ne veut pas leur demander quoi que ce soit. Voilà ce que certains appellent un modèle denfant dévoué ! Mais visiblement, seuls ses propres parents bénéficient de ses attentions.

Aujourdhui, je comprends que chacun est façonné par son histoire et sa famille. Jai appris quil ne faut pas attendre des autres ce quon est prêt à donner. Parfois, la générosité ne se partage que dun côté. Mais au fond, tout ce qui compte, cest le bonheur de mes enfants et de mes petits-enfants. Je continuerai dêtre présent, même si parfois jaurais aimé que la solidarité soit partagée.

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