À six heures du matin, mon mari m’a poussée hors du lit. D’abord, j’ai cru à un malheureux hasard, mais dès le lendemain, la scène s’est répétée. Tout cela est arrivé après notre visite chez sa mère.

Alors, écoute ça, tu ne vas pas y croire. Imagine, à six heures du matin, mon mari, Julien, me tire littéralement du lit. Sur le moment, jai cru que cétait un accident, genre un geste maladroit. Mais devine quoi? Le lendemain, rebelote. Et tout ça, c’est juste après un week-end chez sa mère à la campagne.

Pour te situer un peu : on était mariés que depuis six mois. Mais après cette histoire, jai su direct que cétait fini pour moi. Attends, attends, tu vas voir pourquoi, cest surréaliste.

Moi, jai toujours grandi à Paris, jamais eu besoin de me lever à laube. Aujourdhui, je bosse dans une boîte internationale, alors mon rythme, il se cale souvent sur des horaires nocturnes, tu vois. Quand cest la journée chez eux à New York, ben chez nous, cest le soir, donc faut bien sadapter.

Julien, lui, il vient dun petit village en Bretagne, tu vois le genre, et là-bas, on est des lève-tôt. Même à Paris, il garde ses vieilles habitudes: il saute du lit à six heures dingue chaque matin et il attend de moi que je prépare lomelette avec un café tout chaud.

Déjà à notre première rencontre, il mavait lâché : «Chez moi, le petit-déj, cest à sept heures, pas plus tard». Je te jure, ça mavait fait sourire. Je pensais : «Bon, pourquoi pas, chacun ses trucs». Surtout quen rentrant tard du boulot, jaimais bien pouvoir rattraper mon sommeil en journée sans me prendre la tête.

Pendant les six premiers mois, franchement, ça roulait. Jessayais de suivre ses petites habitudes quand je pouvais, il faisait des efforts aussi, on arrivait à sarranger. Je croyais vraiment quon était raccord tous les deux.

Mais tout a basculé après le fameux séjour chez la belle-mère. Elle vit dans un bled paumé en Bretagne, une adorable vieille maison pleine de charme. Quand je suis arrivée, je me suis dit que ça allait être parfait : lodeur des tartes maison, les longues discussions autour dun thé le soir Mais laisse tomber, la réalité, rien à voir.

Dès les premières heures, jai senti que la belle-mère narrêtait pas de me trouver la moindre faute. La vraie galère a commencé le lendemain matin.

Pendant que je dormais encore, elle dit à Julien au ptit-déj, hyper sérieuse : «Faut la réveiller comme on fait chez nous ici». Et lui, sans broncher, il décide de m«éduquer» à la bretonne donc de me secouer dès les premières lueurs.

La première fois quil ma sorti du lit quasiment de force, jétais sidérée : «Mais ça va pas la tête?!» que je lui ai balancé, furax et complètement déboussolée.

Il me sort tout calmement : «Tu nentends jamais le réveil. Maman dit que cest le meilleur moyen.»

Moi, à bout : «Ouais, enfin, je bosse la nuit, moi, jai besoin de dormir sinon je vais finir légume!»

Et il me lâche, droit dans ses bottes: «Dans ma famille, cest comme ça quon fait». Rien à faire.

Le lendemain matin, rebelote. Javais la sensation bizarre que Julien et sa mère se fichaient de moi pour de bon.

Sérieux, je pigeais pas comment un mec avec qui je voulais passer toute ma vie pouvait changer du tout au tout après seulement trois jours chez sa mère.

En rentrant à Paris, il sest transformé, je ne reconnaissais plus mon Julien. Il ne jurait plus que par sa mère: «Maman sait ce quil faut faire.» Il était devenu hyper buté, plus rien à discuter. Cest là que jai pigé: on est trop différents, cest mort.

Du coup là, je prépare les papiers, direction le divorce. Jai vraiment atteint la limite.

Dis-moi franchement, toi, quest-ce que taurais fait à ma place? Peut-être que jai été trop radicale, je sais pas Tu ferais quoi, toi?

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