À la faculté militaire, l’enseignement était assuré par une femme docteur.

À la faculté de médecine, une femme, Docteure Moreau, enseignait. Toute sa vie, elle avait exercé comme pédiatre à lHôpital Necker-Enfants Malades à Paris. Un jour, elle confia une histoire étonnante à ses étudiants. Ses propres enfants contractaient sans cesse toutes les maladies infantiles possibles, bien quelle fût elle-même médecin. Régulièrement, ses petits tombaient malades, attrapant virus et bactéries à tel point quelle en était épuisée tant elle était obligée de soigner leur éternel rhume, leur varicelle ou leur angine. Pourtant, ses enfants étaient pleins de vie, toujours riant et sautillant.

Naturellement, la docteure Moreau respectait minutieusement les règles dhygiène : à la maison, à peine rentrée, elle prenait une douche, se changeait, se lavait bien les mains. Mais ses enfants tombaient toujours malades des mêmes maladies que celles de ses petits patients. Et, quand elle avait eu à soccuper dun cas particulièrement grave à lhôpital, ses enfants semblaient systématiquement infectés dès le lendemain. Rien ny faisait : ni les vitamines, ni le fait de les endurcir par des sorties au parc Elle se sentait au bord du découragement.

Un jour, après avoir vécu une journée de travail épuisante et difficile, la peur au ventre à lidée de transmettre quelque chose à ses enfants, elle hésita à rentrer directement à la maison. Au lieu de cela, elle fit un détour et entra au cinéma du quartier Latin voir le dernier film daventure. Après la séance, mélangée entre le sentiment de culpabilité et une joie retrouvée, elle rentra chez elle. Étonnamment, ses enfants, Camille et Chloé deux adorables prénoms typiquement français étaient en pleine forme, sautant partout dans lappartement, sans le moindre signe de maladie.

Quelques jours plus tard, elle se rendit chez son amie Élise prendre le thé avec des petits sablés, et toutes deux échangèrent des histoires drôles en riant de bon cœur. Ce soir-là encore, à son retour, elle découvrit ses enfants toujours énergiques et en parfaite santé.

Peu à peu, elle prit lhabitude, avant de rentrer chez elle, de traverser le Square du Temple, de humer lodeur des roses en fleurs, découter le clapotis de la petite fontaine, de sasseoir quelques instants sur un banc pour souffler et sourire à la vie. Ce moment de pause la calmait, lui donnait une nouvelle énergie. Et, chose surprenante, ses enfants restèrent en bonne santé.

La Docteure Moreau comprit alors que tout ne dépendait pas simplement des microbes. Il y avait aussi la « charge invisible » quelle rapportait à la maison : la fatigue, le stress, les soucis accumulés, qui pouvaient peser silencieusement sur lambiance familiale. Elle en était désormais convaincue : rapporter du stress ou de la tension à la maison, même sans en parler, suffit parfois à rendre latmosphère pesante et à fragiliser lénergie de ses proches.

Depuis ce jour, plus aucune maladie navait franchi le seuil de son appartement. Elle en tira une belle leçon: il ne faut pas rentrer directement chez soi après une journée pénible, chargé dun fardeau invisible. Il vaut mieux prendre un peu de recul, changer dair, soffrir un moment agréable, et ainsi préserver la joie de ceux quon aime.

Après une mauvaise expérience, mieux vaut laisser derrière soi les mauvais nuages, sapaiser, et ne retrouver les siens que le cœur plus léger. On ne sait pas exactement comment cela marche la science sy penche encore mais une promenade parmi les cerisiers, un bon film ou une conversation rieuse sont parfois les meilleurs remèdes, bien plus puissants que les médicaments. Prendre soin de son propre bien-être, cest offrir à ceux quon aime la meilleure protection qui soit.

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